Abattement LMNP 2026 : 83 600 € ou 77 700 €, ça dépend de l’année des loyers

83 600 € ou 77 700 € ? La moitié des guides donnent un chiffre, l’autre moitié un autre, et presque aucun ne précise le détail qui change tout : l’année à laquelle appliquer ce plafond, ce n’est pas l’année où vous déclarez, c’est l’année où vous avez perçu les loyers. Voici comment fonctionne réellement l’abattement micro-BIC en 2026, taux, plafonds et la nuance sur l’année qui explique pourquoi tout le monde semble se contredire.
Comment fonctionne l’abattement micro-BIC
Au régime micro-BIC, l’administration ne vous demande pas de justifier vos charges. Elle applique un abattement forfaitaire sur le montant brut de vos loyers (charges locatives comprises), et ce pourcentage est censé représenter la totalité de vos frais : intérêts d’emprunt, entretien, assurance, tout. Vous ne pouvez déduire aucune charge réelle en plus de cet abattement, même si vos dépenses effectives sont supérieures. En contrepartie, vous déclarez une seule ligne, le montant brut perçu, sur le formulaire 2042 C-PRO.
Cet abattement ne peut jamais être inférieur à 305 €, quel que soit le montant de vos recettes : c’est la franchise plancher prévue par les textes.
Les taux et plafonds pour les loyers perçus en 2026
Deux cas, avec des taux et des plafonds différents :
- 50 % pour la location meublée longue durée classique, les meublés de tourisme classés et les chambres d’hôtes, dans la limite de 83 600 € de recettes annuelles.
- 30 % pour les meublés de tourisme non classés, dans la limite de 15 000 € de recettes annuelles.
Au-delà de ces plafonds, vous basculez au régime réel, sauf tolérance ponctuelle (voir plus bas).
Exemple : pour 25 000 € de loyers perçus en 2026 sur une location meublée longue durée classique, la base imposable après abattement de 50 % est de 12 500 €. Pour le même montant perçu sur un meublé de tourisme non classé, l’abattement de 30 % laisse une base imposable de 17 500 €, soit 5 000 € de plus à déclarer pour des recettes identiques.
D’où viennent ces deux régimes différents
Avant la réforme portée par la loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 (dite loi Le Meur, sur le logement locatif), les meublés de tourisme classés bénéficiaient d’un régime nettement plus favorable, avec un abattement de 71 % dans la limite de 188 700 €, contre 50 % et 77 700 € pour les locations meublées classiques non classées. La loi a inversé la logique : elle a aligné les meublés classés sur le taux de la location longue durée (50 %) et abaissé fortement le régime des meublés non classés (30 %, plafond ramené à 15 000 €), pour réduire l’avantage fiscal des locations touristiques de courte durée non classées type Airbnb.
Pourquoi le chiffre change selon l’année, pas selon la date de déclaration
C’est le point que la plupart des articles n’expliquent pas, et qui explique pourquoi vous lisez 77 700 € sur certains sites et 83 600 € sur d’autres sans qu’aucun des deux ne soit forcément faux : l’abattement et son plafond s’appliquent à l’année où les loyers ont été perçus, pas à l’année où vous les déclarez.
Pour les loyers perçus en 2025 (déclarés au printemps 2026), le plafond de la tranche à 50 % était de 77 700 €. Pour les loyers perçus en 2026 (à déclarer au printemps 2027), ce plafond est revalorisé à 83 600 €. Un article qui date de plusieurs mois et qui affiche encore 77 700 € comme plafond « actuel » n’est pas forcément faux sur le fond : il décrit l’année de revenus précédente sans le préciser, ce qui sème la confusion pour qui cherche le bon chiffre à appliquer sur ses loyers en cours.
Si vous dépassez le plafond une année
Une tolérance existe : si vos recettes dépassent le plafond une première année, puis une deuxième année consécutive, vous restez au micro-BIC. Ce n’est qu’à partir de la troisième année de dépassement consécutif que le basculement au régime réel devient obligatoire, à compter de l’année suivante.
Abattement micro-BIC et abattement plus-value : deux mécanismes différents
Une confusion revient souvent dans les recherches : l’abattement de 50 % ou 30 % dont il est question ici ne concerne que l’imposition annuelle de vos loyers. Il n’a rien à voir avec l’abattement pour durée de détention qui s’applique le jour où vous revendez votre bien, calculé différemment (par tranches d’années de détention, avec des taux propres à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux). Ce sont deux abattements distincts, sur deux impôts distincts, à deux moments distincts de la vie de votre investissement.
Où déclarer, et quelle case selon votre situation
Au micro-BIC, vous ne calculez pas vous-même l’abattement : vous déclarez le montant brut de vos loyers sur le formulaire 2042 C-PRO, et c’est l’administration qui applique le pourcentage. La case exacte dépend de votre situation (chambres d’hôtes et tourisme classé, tourisme non classé, ou autres locations meublées) : nous détaillons les bonnes cases 2026 dans notre article sur le formulaire 2042 C-PRO.
Abattement ou régime réel : lequel choisir
L’abattement forfaitaire est avantageux quand vos charges réelles (intérêts d’emprunt, travaux, amortissement) sont inférieures à 50 % ou 30 % de vos loyers. Sur un bien ancien et peu endetté, c’est souvent le cas. Sur un bien récent avec un crédit conséquent, le calcul peut s’inverser en faveur du réel. Nous détaillons la comparaison chiffrée dans un article dédié.
Questions fréquentes
L’abattement de 83 600 € s’applique-t-il déjà à ma déclaration de ce printemps ?
Non. La déclaration déposée au printemps 2026 porte sur les loyers perçus en 2025, donc sur le plafond de 77 700 €. Le plafond de 83 600 € s’applique aux loyers perçus en 2026, à déclarer au printemps 2027.
Peut-on cumuler l’abattement micro-BIC avec une déduction de charges ?
Non. L’abattement forfaitaire est censé couvrir l’intégralité de vos charges. Pour déduire vos charges réelles au-delà de ce forfait, il faut opter pour le régime réel.
L’abattement de 50 % ou 30 % réduit-il aussi les prélèvements sociaux ?
Oui, l’abattement s’applique avant le calcul de l’impôt sur le revenu et avant celui des prélèvements sociaux (18,6 % depuis la LFSS 2026), sur la même base nette après abattement.
Sources
- Service-public.fr, fiche F32744, « Impôt sur le revenu — Revenus d’une location meublée » : service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F32744
- impots.gouv.fr, « Les régimes d’imposition », mis à jour le 08/04/2026 : impots.gouv.fr/particulier/les-regimes-dimposition
- Loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 visant à remédier aux déséquilibres du marché locatif (dite loi Le Meur), réforme des taux d’abattement micro-BIC des meublés de tourisme
Ces informations sont générales et ne constituent pas un conseil fiscal personnalisé. Barèmes vérifiés à la date indiquée sur cette page — sources officielles citées en bas d’article.



